Violence domestique
Violence domestique
Yana et Sayid sont deux jeunes réfugiés syriens de 25 et 28 ans arrivés en France il y a presque deux ans. Le couple s’est installé dans un petit lotissement à la campagne, en Bourgogne.
Bien accueillis dans le village, ils ont trouvé rapidement un emploi à temps partiel et commencent à participer à la vie du quartier. Tous les dimanches, Sayid va à l’entraînement de football avec Jean-Michel, qui loge deux maisons plus loin. Yana a sympathisé avec sa femme, Nathalie, et garde quelquefois les deux jeunes enfants de la famille.
Yana est intriguée par le comportement particulièrement craintif et imprévisible des enfants et comprend peu à peu que le père exerce des violences répétées sur la mère. Elle entend régulièrement des cris venant de la maison voisine et constate à plusieurs reprises des traces de coups sur les bras ou le visage de Nathalie.
Elle tente d’aborder le sujet avec Nathalie mais elle ne sait pas si elle a le droit de se mêler de la vie privée de ses voisins. Les quelques tentatives qu’elle a faites se sont heurtées à un mur de silence. Yana en parle toutefois à son mari, très étonné et embarrassé, qui lui conseille de fermer les yeux pour éviter les ennuis dans le village.
Que peut faire Yana pour aider sa voisine et ses enfants ?
En France, la violence faite aux femmes est un sujet pris au sérieux : la loi protège ces dernières des violences conjugales. https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F12544
De nombreuses associations d’aide aux victimes peuvent également être sollicitées. Yana peut consulter le site arrêtons les violences ou appeler le numéro gratuit et anonyme : 3919. Les personnes qui répondent sont là pour écouter et conseiller les femmes qui le souhaitent ou leur entourage. Elles pourront orienter Yana vers les services locaux d’accompagnement à qui signaler la situation de sa voisine.
Du point de vue légal, il est tout à fait possible pour Nathalie de faire reconnaître la violence de son conjoint et de s’en protéger. Elle a ainsi plusieurs possibilités :
- Signaler les faits à la justice sans porter plainte en déposant une main courante https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F11182 à la police,
- Demander une ordonnance de protection https://www.justice.fr/themes/ordonnance-protection qui permet de la mettre à l’abri de son mari (en expulsant celui-ci du logement ou en hébergeant Nathalie dans un centre d’accueil),
- Porter plainte, https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ce qui donne lieu à l’ouverture d’une enquête.
Dans tous les cas, il vaut mieux signaler la situation aux services sociaux, avant que des faits plus graves encore ne se produisent…